Partenariats avec le secteur privé

Paul Clements-Hunt

Paul Clements-Hunt
PNUE

Paul Clements-Hunt est Chef de groupe auprès de l'Initiative Finance du PNUE.

IF / PNUE

Le PNUE lance un débat sur la durabilité écologique avec des banques privées

La possibilité de promouvoir la durabilité écologique grâce aux investissements des grosses fortunes n'a jamais été réellement explorée.

Le secteur bancaire privé suisse est remis en cause comme il ne l'a jamais été auparavant. L'Initiative Finance (IF) du PNUE, un partenariat public-privé basé à Genève qui unit l'organe des Nations Unies consacré à l'environnement à près de 170 institutions financières du monde entier, exhorte les banquiers des riches et des super riches à adhérer à l'éthique «Personnes, Planète, Profit». Pourquoi? Parce que la concordance entre rendement de l'investissement et responsabilité de l'investissement est une bonne affaire pour les banques privées à une époque où leurs clients riches sont de plus en plus nombreux à exiger ces deux aspects.

L'intégration de questions environnementales, sociales et de gouvernance d'entreprise (ESG) dans l'ensemble des investissements séduit les milieux financiers internationaux depuis deux ans et les chiffres sont là pour le prouver. Les investisseurs institutionnels (dont les actifs s'élèvent aujourd'hui à plus de 8 milliards de dollars) se sont engagés à intégrer des considérations ESG dans leurs processus de prise de décisions et leurs pratiques de gestion. Les institutions qui gèrent ces actifs - représentant plus de 12% de la valeur marchande des capitaux mondiaux - sont les principaux fonds de pension, réserves spéciales des gouvernements et fondations qui adhèrent aujourd'hui aux Principes des Nations Unies pour l'investissement responsable, lancés par l'ancien Secrétaire général Kofi Annan en avril 2006. Ce processus a été coordonné par l'IF du PNUE et le Pacte mondial des Nations Unies.

La question toute simple que le PNUE, par l'intermédiaire de son IF, a posé aux milieux bancaires privés suisses est la suivante: «Pourquoi ne faitesvous pas comme les investisseurs institutionnels de la planète et n'adhérez-vous pas aux questions ESG pour vos clients?». Pour entamer le dialogue, en novembre 2006, l'IF du PNUE a invité au Palais des Nations, le Bureau des Nations Unies à Genève et une bonne quarantaine de représentants de haut niveau des institutions bancaires privées les plus prestigieuses de la planète. Le but était de discuter de la possibilité et de la manière d'intégrer les facteurs ESG dans la gestion des actifs des millionnaires. La discussion animée qui s'est déroulée dans ce Palais historique de Genève a dévoilé de nouveaux créneaux pour les milieux bancaires privés, dont les principaux clients semblent être de plus en plus attirés par des investissements et des produits de gestion des actifs respectueux des questions ESG. Une étude publiée en 2006 a révélé qu'en Suisse, les actifs gérés en faisant appel à des investissements qui intègrent des considérations ESG avaient dépassé 10 milliards de francs suisses (plus de 8 milliards de dollars) à la fin de 2005.

Dès lors, nous nous attendons à ce que les actifs des grosses fortunes atteignent 44 milliards de dollars d'ici à 2010. Les millionnaires consacrent généralement 4 à 5% de leurs actifs à des investissements intégrant des considérations ESG. En même temps, l'analyse du marché indique que 32% des membres de cette communauté trouvent le concept attrayant. Les banques privées, qui prendront les devants et développeront des produits et des services respectant à la fois le rendement de l'investissement et la responsabilité de l'investissement, desserviront un marché dans lequel la demande des clients est en passe de distancer l'offre.

Quelques remarques des participants concernant les produits tenant compte des questions ESG:

Grâce au succès de la réunion de Genève, l'IF du PNUE a organisé une présentation du système bancaire privé à Sao Paolo, au Brésil, en mars 2007.

Enfin, les rencontres de Genève et de Sao Paolo ont confirmé que les grosses fortunes privées peuvent opérer en souplesse et avec rapidité, leur capacité de promouvoir la durabilité n'étant toutefois pas encore pleinement exploitée. Pour le PNUE, les discussions avec les banques privées de Suisse et d'ailleurs, dans le cadre de l'IF, ont finalement débouché sur une meilleure compréhension et nous nous réjouissons de continuer sur cette voie.

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