Partenariats avec le secteur privé: l'eau

DDC / SECO / OFEV / OFSP / VSA / GRESE / EAWAG

Assainissement : un thème impossible à aborder ?

Un partenariat publics/privés suisse brise le tabou à l’occasion de l’Année internationale de l’assainissement

2008 a été décrété Année internationale de l’assainissement par l’ONU. Une action qui vient rappeler à la communauté internationale les engagements pris dans le cadre des Objectifs du Millénaire (ODM). Pour apporter sa contribution à l’ODM qui vise à réduire de moitié le nombre de personnes sans installations sanitaire de base d’ici 2015, la Suisse a lancé une campagne de sensibilisation sur son territoire qui réunit des partenaires publics et privés, soit la Direction du développement et de la coopération (DDC), le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO), les Offices fédéraux de l’environnement (OFEV) et de la santé publique (OFSP), l’Institut de recherche sur l’eau (EAWAG), ainsi que l'Association suisse des professionnels de la protection des eaux (VSA) et le Groupement romand des exploitants de stations d'épuration (GRESE). Un effort groupé pour faire mieux connaître du grand public les défis du « petit coin » et lancer un appel aux citoyens, entreprises et communes à se mobiliser autour d’un thème encore trop souvent passé sous silence.

Une catastrophe sanitaire qui vole chaque année 2 millions de vies

Avoir des toilettes à disposition est pour nous une parfaite évidence. Pourtant, à l’ère d’Internet, 2.6 milliards de personnes, soit environ 40% de la population mondiale, en demeurent encore totalement dépourvus. Les lieux d’aisance n’ont pourtant rien d’un luxe quand on sait qu’un enfant de moins de 5 ans meurt toutes les 20 secondes, frappé par une maladie diarrhéique directement causée par le manque d’assainissement, d’hygiène et d’eau potable. Au cours des dix dernières années, le nombre d’enfants emportés par ce désastre silencieux a ainsi dépassé celui des victimes de tous les conflits armés depuis 1945.

L’assainissement sous le feu de la rampe grâce à un réseau d’acteurs privés et publics

Face à cette tragédie silencieuse, la Suisse a décidé d'agir en lançant à son tour une campagne au niveau national. Sensibiliser la population aux conditions déplorables auxquelles est confronté le tiers de l’humanité jour après jour, mobiliser des investissements, rappeler l'importance historique mais aussi les défis à venir de l'assainissement et de l'hygiène en Suisse, constituent les objectifs premiers de cette action menée de concert par plusieurs partenaires publics et privés.

La DDC, l'OFEV, l'OFSP et le SECO, mènent cette campagne aux côtés de l’Eawag et de professionnels de l'assainissement, au travers de leurs organisations faîtières, tels l'Association suisse des professionnels de la protection des eaux (VSA) et le Groupement romand des exploitants de stations d'épuration (GRESE).

Plusieurs actions de sensibilisation à l’oeuvre

La Campagne suisse a déjà engagé plusieurs actions d’information et de sensibilisation dont la constitution d’un site Internet, www.assainissement2008.ch, et la publication d’une brochure d’information grand public. 40 stations d’épuration ont ouvert leurs portes en mai dernier où quelques 2'000 professionnels, garant de la santé publique et de l’environnement, ont fait mieux connaître leur métier à 4'000 visiteurs. Deux expositions itinérantes (OFEV-ECAL) ont également été mises sur pied ainsi qu’un concours de dessin impliquant 600 enfants.

Un enjeu crucial pour le respect de l’environnement, de la santé et de la dignité

Pour les sept partenaires engagés dans cette Campagne suisse sans précédent, l’enjeu est de taille. En effet, dans un des pays les mieux assainis du monde, placer l’assainissement, qui est un droit humain fondamental au même titre que l’accès à l’eau potable, au centre de l’actualité n’est pas a priori une évidence. Et pourtant, l’assainissement est la clé de voûte du développement social et économique. L’assainissement et l’hygiène sont au cœur :

de la dignité humaine et du développement social : 2,6 milliards de personnes n’ont pas d’autre alternative que de déféquer dans des sacs en plastique, le long des routes ou dans des endroits sombres mettant en danger la sécurité des femmes notamment.

de la Santé publique : 5'000 enfants meurent de diarrhée chaque jour dans le monde – 4 fois plus que le SIDA. Les excréments humains jouent un rôle important dans la transmission de nombreuses maladies infectieuse. Le manque d’installations sanitaire appropriées et l’impossibilité de vivre dans de bonnes conditions d’hygiène entraîne de nombreuses maladies telles que la diarrhée, le choléra, la typhoïde.

de l’environnement : chaque année ce sont 200 millions de tonnes de déchets fécaux humains qui sont dispersés dans l’environnement sans traitement. Environ 90% des eaux usées et 70% des déchets industriels dans les pays en développement sont rejetés sans traitement dans des cours d’eau, souvent en polluant les sources d’approvisionnement en eau elles-mêmes. Dans les régions où une forte proportion de la population n’est pas suffisamment desservie en eau salubre et n’a pas un accès adéquat à un système d’assainissement, les eaux usées se déversent directement dans les ruisseaux, rivières, lacs et marais, contaminant de la sorte les écosystèmes côtiers et marins, polluant l’environnement et exposant des millions d’enfants à la maladie.

Au Sud, pas de fatalité mais la nécessité de la solidarité

Des efforts groupés sont nécessaire pour casser le cercle vicieux crée par l’absence d’assainissement : santé précaire, environnement contaminé, pauvreté. A leur échelle, la DDC et le SECO contribuent à réduire de moitié la population mondiale sans installations sanitaires de base. L’assainissement présente une rentabilité économique réelle puisque pour un dollar investis, c’est 3 à 9 dollars de retour d’investissement. L’absence d’assainissement n’est pas une fatalité, comme le montrent plusieurs exemples très prometteurs, notamment au Bangladesh. Mais pour relever ce défi, on a besoin, au Nord, de la solidarité de tous les piliers de la société. C’est le sens de cette Campagne suisse qui s’adresse aux citoyens, pour leur soutien aux ONG actives dans le secteur de l’assainissement, aux communes, pour rejoindre le réseau de coopération Soliarit’eau, aux entreprises, pour soutenir le Fonds Mondial pour l’assainissement.

Genève, capitale mondiale de la santé, abrite le premier Fonds mondial pour l’assainissement

Suite aux recommandations du rapport des Nations Unies pour le Développement Humain de 2006, le Fonds Global a été crée sous l’égide du Conseil de Concertation pour l’Approvisionnement en Eau et l’Assainissement (WSSCC) afin de répondre à la crise sanitaire. Le WSSCC placé sous l’égide de l’OMS, a été fondé en 1990, soutenu entre autres par la DDC qui a accompagné le développement de cet organisme dès sa formation. Le WSSCC, profilé maintenant comme l’agence leader de l’assainissement au niveau mondial, a crée en mars 2008 le Fonds Mondial pour l’Assainissement (GSF). Ce Fonds est un mécanisme financier harmonisé qui d’une part concentrera ses interventions dans les pays les plus pauvres où la demande en assainissement et hygiène est la plus grande et d’autre part permettra la mise à l’échelle de projets/approches ayant démontré leur efficacité dans le cadre de politiques nationales d’assainissement clairement définies par les gouvernements.

Pour en savoir plus, consultez le site Internet de la campagne : www.assainisement2008.ch et téléchargez la brochure « La santé, l’égalité et la dignité commencent ici », http://www.assainissement2008.ch/fr/info/documentation

Contacts:
François Muenger, SDC, , tel. 031 325 92 52
Press Service of the FOEN, , tel: 031 322 90 00
Pierre Studer, FOPH, , tel: 031 322 95 05
Johan Gély, SECO, , tel: 031 324 08 68
Andri Bryner, EAWAG, , tel: 044 823 51 04
Urs Kupper, VSA, , tel: 043 343 70 72
Vincent Theurillat, GRESE, , tel: 032 422 02 52