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Partenariats pour la Planète

Expériences de Genève

Avant le Rapport Brundtland de 1987, il aurait été surprenant de retrouver dans le projet Partenariats pour la Planète le monde des affaires aux côtés d'organisations telles que le PNUE et l'Union mondiale pour la nature (UICN). Pourtant, aujourd'hui, ne pas tenir compte de l'industrie reviendrait à ne donner qu'une image partielle de l'action en faveur de l'environnement. Qu'il s'agisse des mesures d'économie d'énergie lancées par une entreprise de biotechnologie basée à Genève et reprises par les autorités locales dans l'espoir de modifier la consommation d'énergie du quartier de l'ONU, ou des engagements souscrits par l'industrie à Genève dans le cadre de la lutte mondiale contre les changements climatiques, le monde industriel est désormais un partenaire à part entière dans le domaine de la conservation.

Au fil des décennies, la Genève internationale s'est taillée la réputation de coordonnateur des actions concertées visant à résoudre les problèmes mondiaux en matière d'environnement. La mise sur pied du GIEC, Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, a marqué une avancée majeure dans la coordination internationale des analyses scientifiques et des politiques entre le PNUE et l'OMM. De plus, la collaboration interinstitutions menée dans le cadre de l'UNITAR a aidé une bonne centaine de pays à progresser sur la voie de la gestion intégrée des produits chimiques. Ce projet insiste sur trois types d'actions concertées au niveau local et, tout particulièrement, au niveau international: premièrement, les alliances entre organisations intergouvernementales, deuxièmement, les partenariats entre organisations internationales - y compris les ONG - et le secteur privé et enfin les initiatives des entités publiques et privées.

Ces exemples donnent une indication du nombre d'alliances particulièrement efficaces qui fonctionnent aujourd'hui au travers de partenariats «bleu-vert», entre les Nations Unies et des organisations à vocation écologique, ou au travers d'initiatives nationales, pour traduire en termes locaux les efforts internationaux menés à Genève. De même, l'initiative de partenariat pour les téléphones portables, qui vise à la récupération et au recyclage des appareils usagés, fonctionne grâce à l'engagement strictement volontaire de toute une série d'acteurs, normalement méfiants voire hostiles, d'un marché fort lucratif. Cela constitue un véritable apprentissage pour les gouvernements et les ONG, aussi bien que pour les entreprises.

Il convient également de relever les mesures novatrices qui ont été prises pour associer les ONG à l'élaboration d'une approche stratégique de la gestion internationale des produits chimiques (SAICM): le début d'une nouvelle ère de la science polaire marquée par la mise sur pied du programme de recherche de l'Année polaire internationale ainsi que les efforts menés par le Groupe des observations de la Terre dans le sens d'une utilisation pratique et théorique nouvelle des informations recueillies à travers le monde. L'UICN prépare également une déclaration mondiale sur l'avenir de la durabilité et associe ses 1000 États et ONG membres à un débat public par le biais d'un forum électronique. Enfin, le World Business Council on Sustainable Development et le Forum économique mondial sont en train d'étudier comment l'industrie pourrait offrir des solutions pratiques pour réduire le réchauffement mondial du climat.

Vingt ans après Brundtland, la Genève mondiale est aussi la Genève locale. Des programmes internationaux comme l'initiative HELI de l'OMS «Renforcer les liens entre la santé et l'environnement» essaient de prêcher par l'exemple dans le domaine de la durabilité écologique en agissant localement pour améliorer la situation dans la région genevoise. La Base de données sur les ressources mondiales (GRID) du PNUE peut se vanter de plus de 20 années de partenariat avec l'université et les autorités locales et fédérales. De la même façon, dans sa volonté de traduire à l'échelle locale les principes de durabilité de l'Agenda 21, Genève multiplie les occasions de rapprochement avec les organisations internationales: lors de sa Fête du développement durable, elle invite des institutions locales, internationales, privées et publiques à présenter des exemples d'actions concrètes, sous un mode ludique et interactif, en célébrant «la dimension de convivialité et de partenariat du développement durable à Genève».

Genève reste un lieu propice aux idées nouvelles et à leur mise en pratique. Durant la préparation de ce projet, plusieurs acteurs de la communauté environnementale ont insisté plus que jamais sur l'importance de la sécurité environnementale pour promouvoir la paix, tandis que d'autres demandaient un forum mondial sur la santé et l'environnement, expliquaient comment les règles de l'OMC pourraient tirer meilleur parti des accords multilatéraux sur l'environnement, notaient les avantages de réunir les secrétariats des conventions sur le contrôle des déchets dangereux et des produits chimiques dans la Maison internationale de l'environnement, et suggéraient, avec optimisme peut-être, que l'heure était venue de formuler une déclaration universelle des droits environnementaux.