Alliances entre organisations internationales

Thomas Kolly

Thomas Kolly, Ambassadeur, chef de la division des affaires internationales de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV)

L'ambassadeur Thomas Kolly a été nommé à la tête de la division des affaires internationales de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) le 1er novembre 2005. Auparavant, il a travaillé pour le Bureau d'intégration, le service de la Confédération chargé de coordonner la politique européenne de la Suisse. Dans sa carrière de diplomate, il a fait partie de la délégation suisse auprès de l'OCDE, de l'ambassade de Suisse à Washington et de l'ambassade de Suisse à la Haye. Licencié en droit, il est titulaire du diplôme des Hautes études européennes du Collège d'Europe de Bruges (Belgique).

Un point de vue diplomatique

La gouvernance internationale de l'environnement et la Genève internationale

Notre régime actuel de gouvernance écologique mondiale est à la fois récent et très dynamique. Il a évolué à partir des premières démarches ponctuelles en matière d'élaboration de politiques internationales environnementales, pour devenir un régime multilatéral complexe, permettant de relever des défis mondiaux et pluridimensionnels à l'aide d'instruments sophistiqués.

Cette évolution a également entraîné une prolifération de processus, institutions et accords internationaux en matière d'environnement. Ceux-ci ont à leur tour servi de catalyseur aux efforts visant à renforcer la cohérence et les synergies dans la gouvernance internationale de l'environnement. Les quatre principales initiatives à cet égard ont été les suivantes: l'établissement du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) dans le sillage de la Conférence de Stockholm sur l'environnement humain, la création du Forum ministériel mondial sur l'environnement (FMME) en 1999, le processus de renforcement de la gouvernance écologique mondiale entamé par le PNUE et qui a abouti à l'adoption de la décision de Cartagena sur la gouvernance internationale de l'environnement (GEI) en 2002, et les efforts menés actuellement au sein de l'Assemblée générale des Nations Unies pour améliorer la cohérence et la coopération au sein du régime international de l'environnement. Ces consultations qui se déroulent à New York sont coprésidées par les ambassadeurs du Mexique et de la Suisse.

Ces processus révèlent quatre grandes lacunes: engagement insuffisant vis-à-vis des accords internationaux en matière d'environnement, fragmentation du régime, autorité limitée du PNUE en tant que pilier central de ce régime et déséquilibre structurel entre le régime de l'environnement et les autres systèmes régissant le commerce ou le développement. Il reste donc des progrès à accomplir pour renforcer la cohérence, l'exhaustivité, l'efficacité et l'efficience.

Sur le plan institutionnel, des propositions plus ambitieuses envisagent de transformer le PNUE en une organisation des Nations Unies pour l'environnement et, sur le plan politique, de dresser la liste des objectifs mondiaux en matière d'environnement, aux fins d'améliorer la visibilité, la focalisation, l'engagement et l'action concrète. Il importe que le processus qu'a entamé l'Assemblée générale des Nations Unies s'appuie sur la mise en oeuvre des mesures concrètes convenues à Cartagena et les soutienne, tout en poursuivant le renforcement institutionnel du régime.

À Genève, le Gouvernement suisse n'a pas ménagé ses efforts pour rassembler les organisations et les secrétariats des accords multilatéraux sur l'environnement (AME) dans deux Maisons internationales de l'environnement (MIE) situées côte à côte, sur la rive droite de la ville, à l'image du complexe des Nations Unies. La synergie entre les conventions de Bâle, de Rotterdam et de Stockholm, grandement facilitée par leur cohabitation dans la MIE, a été mentionnée comme étant un modèle de coordination par le Groupe d'experts de haut niveau sur la cohérence du système des Nations Unies en matière de développement, d'aide humanitaire et d'environnement.

La recherche d'une cohérence accrue au sein des Nations Unies nous rappelle à quel point il est important que les organismes traitant de l'environnement entretiennent des contacts avec tous les autres secteurs et que les problèmes environnementaux soient dûment pris en compte dans les activités des grandes organisations internationales telles que l'OMS, l'OIT ou l'OMC. Genève joue un rôle capital dans ce sens en raison de la forte concentration d'organisations. C'est notamment ce qui explique que, depuis 2003, la Maison internationale de l'environnement accueille le Groupe de la gestion de l'environnement (GGE), mis sur pied par l'Assemblée générale des Nations Unies. Compte tenu de la lourde tâche dévolue au GGE, à savoir favoriser la coordination entre les éléments constitutifs des Nations Unies, il est de plus en plus important que ces acteurs collaborent avec la société civile et les entreprises. Une fois de plus, comme le démontre cette brochure - les Maisons internationales de l'environnement et Genève apportent une contribution de taille à l'édification d'un réseau mondial dans le domaine de l'environnement et du développement durable.

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