Alliances entre organisations internationales:
les changements climatiques

Michael Williams

Michael Williams,
PNUE

Michael Williams, du PNUE est chargé des campagnes de presse des deux organisations partenaires sur les rapports du GIEC. Il a également fait office de porte-parole des conférences annuelles de la Convention - Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et du Protocole de Kyoto.

PNUE / OMM: GIEC

Le dernier rapport sur l'évolution du climat fera date

Fruit d'un partenariat entre le PNUE et l'OMM, ce rapport est l'évaluation internationale scientifique la plus rigoureuse jamais entreprise sur les changements climatiques.

La création du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) pourrait bien être le couronnement du partenariat entre l'OMM et le PNUE, qui s'est révélé particulièrement fructueux au fil du temps. Le GIEC est à la fois un organisme intergouvernemental et un vaste réseau d'éminents spécialistes du changement climatique. Son Secrétariat logé par l'OMM, à Genève, est le porte-parole scientifique faisant autorité du Système des Nations Unies pour tout ce qui a trait au temps, au climat et à l'eau.

Le GIEC n'a pas pour vocation d'effectuer des recherches nouvelles et de surveiller les données sur le climat, mais plutôt d'évaluer les publications spécialisées les plus actuelles sur les changements climatiques, notamment les articles parus dans des revues scientifiques à comité de lecture, dans diverses langues et régions. Plutôt que de se limiter à signaler les résultats d'une ou deux recherches présentant un intérêt particulier, le GIEC étudie l'ensemble des études et des analyses disponibles. C'est ainsi que ce groupe d'experts est devenu la source d'informations scientifiques, techniques et socio-économiques la plus largement acceptée dans le monde sur l'évolution du climat, ses causes, ses impacts et les solutions envisageables.

L'année 2007 est particulièrement importante pour le GIEC car elle marque le lancement de son quatrième rapport d'évaluation. Fruit du travail mené par des milliers d'experts pendant plus de trois ans, ce rapport (AR4 dans le jargon anglophone) a déjà eu un retentissement considérable sur le grand public et sur les décideurs. Selon le premier volume de ce rapport, rendu public le 2 février à Paris, les progrès dans la modélisation du climat et dans la collecte et l'analyse des données permettent aux scientifiques d'avoir «une très grande confiance» (probabilité de plus de 90%) quant à l'influence des activités humaines sur le réchauffement climatique, une incidence qui était moins fortement mise en évidence dans le troisième rapport publié par le GIEC en 2001.

Le deuxième rapport, lancé à Bruxelles le 6 avril, évalue les impacts actuels et futurs du réchauffement mondial, et étudie les mesures d'adaptation volontaristes qui pourraient être envisagées. Il conclut que les cours d'eau, les lacs, les espèces sauvages, les glaciers, le permafrost, les zones côtières, les vecteurs de maladies et nombre d'autres éléments de l'environnement naturel et physique ont déjà commencé à réagir aux effets des émissions anthropiques de gaz à effet de serre. L'élévation des températures accélère le cycle hydrologique, retarde le gel des cours d'eau et des lacs en automne, et hâte la migration et la nidification des oiseaux au printemps. Les scientifiques sont de plus en plus convaincus qu'avec le réchauffement du climat mondial, les événements météorologiques extrêmes deviendront plus fréquents, plus étendus et plus intenses.

Selon le dernier rapport du GIEC sur les changements climatiques, la réalité du réchauffement climatique et la responsabilité de l'homme à cet égard «ne font désormais plus de doute».

Le quatrième rapport, sur les mesures d'atténuation, a été publié à Bangkok le 4 mai. Il vient confirmer que la communauté internationale pourrait, dans les décennies à venir, d'abord ralentir les émissions de gaz à effet de serre puis les réduire en recourant à des stratégies rentables et aux technologies existantes et émergentes. À la lumière des dernières publications scientifiques faisant autorité relatives à la modélisation des émissions, aux politiques économiques et aux technologies, ce rapport montre comment les gouvernements, l'industrie et le grand public pourraient réduire la teneur en énergie et en carbone de l'économie mondiale en dépit de la hausse des revenus et la croissance démographique rapide.

Le quatrième et dernier rapport de cette série, publié en novembre 2007, résume les conclusions des trois premiers rapports. Cambridge University Press publiera le rapport qui sera aussi disponible sous forme de chapitres sur le site Internet du GIEC.

Parce qu'ils sont destinés à être pertinents mais non prescriptifs au plan politique, les rapports d'évaluation du GIEC peuvent se révéler très précieux pour les décideurs aux prises avec des choix politiques difficiles en les aidant à trouver une réponse aux effets des changements climatiques. Ces rapports offrent une solide base d'informations et de connaissances objectives et politiquement acceptées. Grâce à cette base fermement établie, les politiques n'ont plus à débattre de questions scientifiques mais de questions stratégiques et à se concentrer sur ce pourquoi ils ont été élus: fixer des priorités et faire des choix. Le GIEC conservera longtemps encore son rôle de premier plan dans les initiatives internationales de lutte contre le réchauffement planétaire. Un rapport technique sur l'évolution du climat et sur la problématique de l'eau est prévu fin 2007 et, à terme, le GIEC devrait continuer à publier ses rapports d'évaluation irremplaçables.

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