Alliances entre organisations internationales:
les produits chimiques et les déchets

La collaboration interinstitutions a aidé une bonne centaine de pays à prendre des mesures les rapprochant d'une gestion intégrée des produits chimiques.

Achim Halpaap

Achim Halpaap, UNITAR

Achim Halpaap est le Coordonnateur principal et cofondateur des programmes de l'UNITAR sur les produits chimiques, les déchets et la gouvernance de l'environnement. L'UNITAR est une institution autonome au sein des Nations Unies, dont le siège se trouve à Genève. Elle a pour rôle de mener et de soutenir des activités de formation et de renforcement des capacités dans le monde entier.

UNITAR

Renforcement des capacités de gestion des produits chimiques

En 2002, la communauté internationale a fixé 2020 comme date butoir d'une gestion écologiquement rationnelle des produits chimiques. Plusieurs organisations dont le siège est à Genève aident les pays à élaborer des programmes nationaux visant à faciliter une gestion intégrée des produits chimiques.

Depuis une vingtaine d'années, la gestion des risques liés aux produits chimiques dangereux dans le but de protéger la santé humaine et l'environnement revêt de plus en plus d'importance, tant au niveau international qu'au niveau des pays de la planète. Les accords internationaux, comme les Conventions de Rotterdam et de Stockholm, ou le Système de classement et d'étiquetage des produits chimiques harmonisé à l'échelle mondiale, sont la pierre angulaire de la réalisation de l'objectif fixé en 2002 lors du Sommet mondial sur le développement durable, visant à adopter une gestion écologiquement rationnelle des produits chimiques d'ici à 2020. Au niveau national, la gestion des produits chimiques présente en certain nombre de difficultés. Selon l'Approche stratégique de la gestion internationale des produits chimiques (SAICM), le renforcement de la collaboration entre les ministères et les parties prenantes dans le cadre d'un programme national cohérent et intégré est un aspect important de la réalisation de l'objectif fixé pour 2020.

Une centaine de profils nationaux de gestion des produits chimiques est prête et plusieurs pays prennent des mesures pour élaborer un programme national intégré de gestion des produits chimiques.

Plusieurs organisations internationales installées à Genève et travaillant avec des partenaires du monde entier, ont joué un rôle important en aidant les pays en développement et en transition à aborder de manière systématique et coordonnée le problème du renforcement des capacités de gestion des produits chimiques au niveau national. Stimulée par les décisions prises lors du Forum intergouvernemental sur la sécurité chimique au milieu des années 1990, la collaboration entre l'UNITAR, le PNUE, l'OMS et l'OIT a jeté les bases de l'élaboration de textes d'orientation et d'un programme international pour aider les pays à établir leur Profil national sur la gestion des produits chimiques, à identifier leurs priorités nationales, et à mettre en place un Programme national intégré de gestion des produits chimiques.

La collaboration internationale a été étendue à toutes les organisations participant au Programme interorganisations pour une gestion rationnelle des produits chimiques (IOMC), ainsi qu'au PNUD et à la Banque mondiale, l'UNITAR jouant le rôle d'agent d'exécution. En 2007, une centaine de pays avaient bénéficié d'un soutien pour la préparation d'un Profil national, une trentaine avaient défini leurs priorités nationales, et une quinzaine avaient lancé un Programme national intégré de gestion des produits chimiques. Le Gouvernement suisse et la Commission européenne ont fourni un soutien essentiel au Programme de l'UNITAR. Des méthodologies et des stratégies de renforcement des capacités sont en cours d'adaptation afin de prendre en compte les besoins découlant de l'Approche stratégique de la gestion internationale des produits chimiques (SAICM) et de son Programme «de démarrage rapide» (Quick Start).

Le Programme a catalysé l'action et permis de mettre sur pied un certain nombre d'initiatives dérivées reposant sur une collaboration entre l'UNITAR et des organisations basées à Genève. Par exemple, le Programme de renforcement des capacités du SGH (Système général harmonisé) de l'UNITAR/OIT a été implanté dans une bonne cinquantaine de pays depuis 2003 afin de développer leurs capacités en matière de classement et d'étiquetage des produits chimiques dangereux. On peut encore citer en exemple la coopération établie récemment entre l'UNITAR et le PNUE pour la mise en place d'un inventaire du mercure et la prise de décisions en matière de gestion des risques, ainsi que l'initiative UNITAR/CEE de renforcement des capacités de gestion des déchets métalliques radioactifs.

Les méthodes de renforcement des capacités mises au point par l'UNITAR et ses partenaires ont aussi contribué au lancement d'initiatives par des organisations basées à Genève préoccupées par des questions générales de gestion de l'environnement. Par exemple, depuis 2004, l'UNITAR collabore étroitement avec le Secrétariat de la Convention d'Aarhus de la CEE à l'adaptation de la méthodologie de Profil national aux exigences de la Convention de Aarhus relative à l'accès à l'information, la participation du public et l'accès à la justice en matière d'environnement. Des projets pilotes ont été réalisés avec succès et l'initiative est élargie à d'autres régions dans le cadre de la mise en oeuvre du Principe 10 de la Déclaration de Rio adoptée en 1992 à l'issue de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement établissant que: «chaque individu doit avoir dûment accès aux informations relatives à l'environnement que détiennent les autorités publiques, y compris aux informations relatives aux substances et activités dangereuses.»

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